
Je suis heureux de vous faire partager, aujourd'hui, les différentes étapes qui ont marqué la préparation de "Thank You ABBA". Même si le contenu de cette page peut paraître "indigeste", vu le nombre de détails, j'ai voulu retracer fidèlement cette "aventure" !
Depuis la sortie de "Thank You ABBA", beaucoup de fans m'ont écrit pour me remercier. Avec ce documentaire, je peux dire sans prétention que j'ai atteint mon but : rendre hommage à mon groupe préféré et offrir ce "cadeau" à tous les fans !
Enfin, je ne remercierai jamais assez Philippe Ellul de m'avoir mis en contact avec TV Matters. Sans lui, la vidéocassette n'aurait certainement jamais vu le jour !
Son aide mais aussi son amitié me sont très précieuses !
Lorsqu'en janvier 1991, j'ai eu l'idée de mettre sur pieds un documentaire sur la carrière du groupe ABBA, j'étais loin d'imaginer que celui-ci sortirait, un jour, en vidéocassette dans le monde entier. Cependant, la création de "THANK YOU ABBA" n'a pas été simple. Ce fut un long et douloureux parcours du combattant !
Depuis la séparation d'ABBA en 1982, les médias français semblent avoir complètement oublié l'existence du groupe. C'est pourquoi j'ai l'idée de proposer une "séquence souvenir" à l'émission "Zapper N'est Pas Jouer" (sur FR3). Vincent Perrot et son équipe m'accordent 6 minutes dans leur programme le 10 mai, pour évoquer le groupe qui a marqué mon adolescence. La tâche n'ai pas simple car même si la carrière d'ABBA a été courte dans le temps, elle reste riche en succès et en évènements.
Très vite, l'idée d'un documentaire pour la télévision germe. D'autre part, je trouve le soutien professionnel d'un réalisateur TV. Son rôle est capital en ce qui concerne la production et la "fabrication" du programme.
Au printemps, le script est terminé. Ma première idée est de recueillir les impressions de chacun des membres du groupe sur les différentes étapes de leur carrière. Malheureusement, Agnetha, Björn et Benny me font savoir, par l'intermédiaire de Görel Hanser, qu'ils ne veulent pas être interviewés car ils sont de plus en plus sollicités. Frida, que je contacte par téléphone le 20 juin, me répond qu'elle préfére attendre la finalisation du projet. Cependant, les autres ayant refusé, elle estime alors "étrange" d'apparaître seule dans le documentaire. En ce qui concerne l'entourage du groupe, tous acceptent avec plaisir d'apparaître dans un programme "hommage à ABBA". En deux jours, les rendez-vous sont fixés et le planning de tournage à Stockholm organisé.
La société Willow Productions est disposée à assurer les prises de vue en Suède et en France. Il manque cependant un co-producteur pour le montage et la post-production. Nous contactons toutes les chaînes de télévision françaises. Mais personne ne croit en notre projet et les réponses sont négatives : "ABBA n'intéresse plus personne, il sont démodés !" nous répond-on.
Je garde un excellent souvenir de ces interviews qui m'ont permis d'approcher les principaux acteurs du succès d'ABBA. J'aimerais, aujourd'hui, une fois de plus, les remercier pour leur chaleureux accueil et leur aide précieuse dans notre documentaire. Durant ces brèves rencontres, j'ai senti qu'ils étaient contents de se remémorer leur collaboration avec ABBA. A part Stig, ils ne l'avaient jamais fait devant les caméras. J'espère que tous ceux qui ont vu "THANK YOU ABBA" ont ressenti les mêmes émotions que moi, en écoutant les témoignages de quelques-uns des membres de "la famille d'ABBA".

J'ai lu les pires choses sur Stig : entre autres, qu'il est vieux, aigri, alcoolique et coléreux. Pourtant, c'est un homme charmant qui nous reçoit. Il est aujourd'hui l'un des hommes les plus riches de Suède mais il a gardé une grande simplicité. Pendant l'installation du matériel dans l'immense salon de sa superbe maison de Djurgården, je discute avec Stig qui nous prépare, lui-même, le café dans la cuisine. Avant, pendant et après l'interview filmée, il parle d'ABBA avec beaucoup de passion et de nostalgie. Il est très enthousiaste à l'idée de notre documentaire puisque, d'après lui, 1992 verra le retour aux années ABBA avec plusieurs projets (dont une compilation chez Polygram) concernant le groupe.

Le "magicien du son ABBA" habite Bromma, près de Stockholm. C'est dans son studio d'enregistrement, situé au rez-de-chaussée de la maison, que Michael nous reçoit pour une interview très décontractée. Pour l'anecdote, nous sommes obligés d'interrompre celle-ci toutes les dix minutes, à chaque passage des tramways dans la rue. L'ingénieur du son ne manque pas d'énergie ni d'humour. Et lorsqu'il prétend que "les séances en studio ont été de vraies parties de plaisir", on peut le croire ! Lorsqu'il évoque ABBA, il pense toujours à ces fou-rires avec les musiciens. Aujourd'hui, Michael travaille beaucoup pour la télévision et la publicité, en tant qu'ingénieur du son mais aussi en tant que compositeur.

Lorsqu'on rencontre Rune pour la première fois, il paraît froid et distant. En réalité, c'est un homme très sympathique, un véritable artiste passionné par son travail. Nous ne connaissons qu'une facette du personnage, car il faut savoir que Rune est aussi architecte et "designer" pour la publicité.

L'une des meilleures interviews ! Owe est un homme délicieux. Passionné par son métier et par les gens qu'il a habillés, il garde un merveilleux souvenir de sa collaboration avec ABBA. Et tout ceci transparaît dans les séquences filmées. Owe a précieusement conservé la quasi-totalité des costumes du groupe. Pour moi, c'est un réel bonheur de le voir sortir ces trésors. Je suis excessivement ému !
Dès l'écriture du script du documentaire, j'avais trouvé le titre "THANK YOU ABBA". Par un heureux hasard, Owe a quasiment dit ce que je voulais exprimer au groupe. C'est pourquoi, il conclut si bien notre programme.
Nous ne pouvons réaliser l'interview du réalisateur des vidéoclips et de "ABBA THE MOVIE" car celui-ci n'est pas à Stockholm, en raison de la promotion de son nouveau film "Once Around" (avec Richard Dreyfuss).
Durant ce séjour à Stockholm, nous tournons beaucoup d'images de la ville. Nous rencontrons également des responsables de Polar Music, de Polygram Suède et de la télévision suédoise.
De retour à Paris, les difficultés commencent. Nous ne parvenons pas à trouver un co-producteur pour le montage. Polydor ne veut pas investir d'argent dans le programme, les documents d'archives sont très chers (nous nous adressons aux archives de l'Institut National de l'Audiovisuel en France, à la télévision suédoise et à la BBC en Angleterre). De plus, Warner Films en France (distributeurs de "ABBA The Movie") refuse de nous donner l'autorisation d'utiliser un extrait du film. Le 21 novembre, je contacte David Hockman (Polygram International) pour l'informer de mon projet mais n'obtiens aucune réponse de sa part.
Nous relançons toutes les chaînes de télévision en France et en Belgique. Hélas, lorsque nous obtenons des réponses, celles-ci sont toujours négatives.
Plus je me bats, plus je rencontre des difficultés et plus mon moral baisse.
Durant le premier semestre, je continue mes recherches afin de trouver une société de télévision ou de vidéo intéressée par une coproduction. Parallèlement, j'essaye de trouver des documents (photos, films, objets rares) qui viendront enrichir les images de "THANK YOU ABBA". Malheureusement, je dois surtout compter sur mes archives personnelles car toutes les portes se ferment. Après de nombreuses relances auprès des disques Vogue, on me dit qu'il n'ont pas conservé leurs archives. D'autre part, Alain Boublil (qui s'est occupé du groupe en France) semble ne pas vouloir m'aider.
Heureusement, j'ai d'autres satisfactions puisque je commence à écrire des articles sur ABBA pour le magazine français Platine.
Durant l'été, nouveau voyage à Stockholm. J'essaye d'obtenir une interview de Frida par l'intermédiaire de Görel Hanser. La réponse est finalement négative, Frida est trop sollicitée. Le "ABBA revival" a commencé avec Erasure, Björn Again et l'annonce du projet de compilation "ABBA Gold".
En septembre, j'obtiens enfin de Polydor Paris une cassette contenant 21 videoclips d'ABBA au format professionnel.
Nouvelle demande à Polygram International le 24 novembre, cette fois adressée à Chris Griffin. Toujours pas de réponse.
L'aide de Polar Music (Stig Anderson, son assistante Åsa Bergold et Olle Rönnbäck) est considérable. Le 13 janvier, Olle nous envoit le film "ABBA The Movie" accompagné d'une autorisation d'utilisation de quelques extraits.
Le 17 janvier, nous partons pour Lille afin de tourner les témoignages de Géraldine Leduc et des suédois Anders Philipsson et Michael Malmberg.
Le 25 janvier, nous recevons un fax de Görel Hanser nous annonçant qu'aucun des membres du groupe ne désire figurer dans "THANK YOU ABBA".
Les 2, 3 et 4 février, nous commençons le montage du documentaire. Le 5, nous tournons un "micro-trottoir" à Paris, dans les quartiers des Halles, du Jardin du Luxembourg et du Palais-Royal.
Suite et fin du montage les 8 et 9 février. Les sous-titres et la voix française (c'est la mienne pour des raisons de budget serré) sont ajoutés le 26 février.
Les mois de mars, avril et mai sont consacrés à l'envoi de dossiers et cassettes VHS de présentation du documentaire aux télévisions européennes.
Les résultats sont décevants car la plupart des chaînes ne sont pas intéressées par l'achat du programme.
Le 24 mai, je contacte George Mc Manus (Polygram International). Mon fax reste, encore une fois, sans réponse.
C'est ici qu'une rencontre, capitale pour l'avenir de "Thank You ABBA", a lieu. Philippe Ellul, un ami, parle de mon projet à Daniel Hart, le directeur de TV Matters, une société américaine (spécialisée dans la vente de programmes TV) implantée à Amsterdam. Le 1er juin, nous lui envoyons une VHS, et deux jours plus tard, un fax arrive nous proposant un contrat de vente et de distribution.
TV Matters demande une version anglaise.
Le 7 juin, Robin Lee m'aide à écrire la version anglaise. Celle-ci est enregistrée et mixée le 11 juin. Les sous-titres sont ajoutés le 15.
Avant de signer quoi que ce soit, nous proposons le produit à Polygram Video France. La réponse est sans ambiguité : ils ne sont pas du tout intéressés car ils estiment qu'ABBA ne vend pas assez de vidéocassettes en France.
Le 25 juin, nous avons un rendez-vous avec Daniel Hart, dans les bureaux de TV Matters à Amsterdam. En juillet, nous sommes à Stockholm. Nous profitons de ce séjour pour rencontrer Olle Rönnbäck (Polar Music) et pour négocier les droits des 4 extraits (Agnetha, Björn, Benny et Anni-Frid avant ABBA) avec les archives de la télévision suédoises.
De retour à Paris, nous recevons un "terrible" fax de Polygram Video International. La société nous annonce que Polydor France n'était pas abilité à nous fournir les vidéoclips du groupe. Désormais, devant le "fait accompli", Polygram nous réclame 360 000 francs français pour l'utilisation de 36 minutes de vidéoclips. Les droits musicaux ne sont pas inclus dans ce prix.
Lorsque je les informe de mes différents fax et lettres durant la préparation de mon documentaire, les choses "se calment" un peu. On nous réclame désormais 75 % des ventes TV et on nous interdit l'exploitation en vidéocassettes.
Le 20 août, nous mettons finalement en contact TV Matters et Polygram International.
Le 8 septembre, TV Matters nous informe qu'un arrangement a pu être conclu. Polygram autorise la distribution d'une vidéocassette dans seulement 3 pays : la Hollande, la Belgique et l'Allemagne.
Le 1er octobre, Willow Productions signe un contrat avec TV Matters pour la sortie de "Thank You ABBA" dans les 3 pays. Nous leur faisons également des suggestions pour la jaquette de la vidéocassette.
Celle-ci devrait voir le jour en février ou mars 1994.
Le 16 mars, TV Matters propose à Willow Productions un nouveau contrat qui annule le précédent. Cette fois, tous les droits sont cédés à TV Matters pour le monde entier.
Le 16 avril, je me rends au "ABBA Day" de Schiedam et j'apprends par Helga et Anita (du ABBF Fanclub) que TV Matters a vendu les droits de "Thank You ABBA" à Polygram International. La fabrication de la vidéocassette, prévue pour une sortie en Belgique, en Hollande et en Allemagne, a donc été annulée.
Les contacts avec TV Matters ont cessé. Nous apprenons la sortie de la vidéocassette par des rumeurs qui circulent chez les fans et par la presse.
Fin août, lorsque je contacte Polygram Vidéo France, j'ai enfin la confirmation de la sortie de "Thank You ABBA" dans le monde entier, et même en France ! (la vidéo "More ABBA Gold" n'était pas encore sortie). Il y a un gros problème de communication au sein de Polygram : je leur apprends que le programme a été conçu et réalisé en France, et qu'il existe une version française. Polygram Vidéo France prévoyait de faire sous-titrer entièrement la cassette en français.
Le 2 novembre 1994, je découvre enfin mon "bébé" sur les étagères des magasins !
WATERLOO
ATT ÄLSKA I VARENS TID (Anni-Frid Lyngstad)
SUNNY GIRL (Hep Stars)
BABY, THOSE ARE THE RULES (Hootenanny Singers)
NU, SKALL VI OPP, OPP, OPP (Agnetha Fältskog)
PEOPLE NEED LOVE
RING RING
WATERLOO
SOS
BANG-A-BOOMERANG
MAMMA MIA
FERNANDO
DANCING QUEEN
MONEY MONEY MONEY
KNOWING ME KNOWING YOU
ROCK ME (ABBA The Movie)
DANCING QUEEN (ABBA The Movie)
WHEN I KISSED THE TEACHER (ABBA The Movie)
WHY DID IT HAVE TO BE ME (ABBA The Movie)
THE NAME OF THE GAME
TAKE A CHANCE ON ME
EAGLE
ONE MAN ONE WOMAN
HOLE IN YOUR SOUL
SUMMER NIGHT CITY
CHIQUITITA
DOES YOUR MOTHER KNOW
VOULEZ-VOUS
GIMME GIMME GIMME
I HAVE A DREAM
THE WINNER TAKES IT ALL
SUPER TROUPER
HAPPY NEW YEAR
ONE OF US
WHEN ALL IS SAID AND DONE
HEAD OVER HEELS
THE DAY BEFORE YOU CAME
UNDER ATTACK
THANK YOU FOR THE MUSIC (ABBA The Movie)
Conception
Jean-Marie POTIEZ
Image
Pierre BARRAS
Son
Jean PAJOT
Graphistes
Pascal GUENEEVSKY
Emmanuelle PROMPT
Montage
Yann SAUTRON
Trucage
Fabrice PIEL
Extraits du film "ABBA THE MOVIE"
réalisé par Lasse HALLSTRÖM
Remerciements :
POLAR MUSIC INTERNATIONAL AB
POLYDOR FRANCE
Olle RÖNNBÄCK
Stig ANDERSON
Åsa BERGOLD
Robin LEE
Réalisation :
Jean-Marie POTIEZ
© WILLOW Productions et A2C Vidéo - 1993
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